
Dans une soirée compliquée pour le Sénégal face à la France (3-1), une lumière s’est pourtant allumée dans les vingt dernières minutes. Elle portait le numéro d’Ibrahim Mbaye.
Lorsque Pape Thiaw décide de lancer son jeune attaquant à la 75e minute, les Lions sont déjà dos au mur. Les Bleus ont pris le contrôle du match, le Sénégal peine à exister offensivement et les solutions semblent rares. Mais en quelques minutes seulement, le joueur du Paris Saint-Germain va changer l’atmosphère de la rencontre.
Là où les attaquants sénégalais avaient peiné à faire des différences, Ibrahim Mbaye a immédiatement apporté vitesse, percussion et imprévisibilité. À chacune de ses prises de balle, la défense française a reculé. À chaque accélération, le danger s’est rapproché du but tricolore.
La récompense arrive rapidement.
Profitant d’une ouverture d’Iliman Ndiaye, le jeune ailier réduit le score et relance brièvement l’espoir sénégalais. Un espoir de courte durée certes, mais suffisamment fort pour rappeler que les Lions possèdent peut-être déjà leur nouvelle arme offensive.
Le seul Lion à avoir semé la panique
Face à une défense française pourtant composée de joueurs habitués au plus haut niveau, Ibrahim Mbaye a affiché une étonnante maturité. Ses dribbles ont mis en difficulté Théo Hernandez. Ses changements de rythme ont créé des décalages que le Sénégal n’avait presque jamais trouvés auparavant. Et même après son but, il a continué à pousser.
Sur une nouvelle percée, il est encore à l’origine d’une action dangereuse qui manque de provoquer un but contre son camp d’Aurélien Tchouaméni. En l’espace d’un quart d’heure, il a généré davantage de situations dangereuses que l’attaque sénégalaise durant une grande partie de la rencontre.
À l’inverse, Ismaïla Sarr a une nouvelle fois cristallisé les critiques. Son manque d’efficacité dans les moments clés a pesé lourd dans le résultat final. Le contraste entre les deux joueurs a sauté aux yeux : d’un côté un cadre en difficulté dans le dernier geste, de l’autre un jeune entrant capable de faire basculer le rapport de force à chacune de ses accélérations.
Un rendement exceptionnel
Le plus impressionnant reste peut-être la régularité de son impact. Arrivé chez les Lions en novembre 2025, Ibrahim Mbaye n’a eu besoin que de sept mois pour devenir l’un des joueurs offensifs les plus décisifs de la sélection. En 12 sélections, il affiche déjà 4 buts et 3 passes décisives. En ajoutant les penalties provoqués, il est directement impliqué sur 10 buts sénégalais. Une statistique d’autant plus remarquable qu’il n’a connu que deux titularisations depuis ses débuts internationaux.
Son efficacité contraste avec celle de plusieurs cadres offensifs. À titre de comparaison, Iliman Ndiaye compte également 4 buts en sélection mais après 41 apparitions étalées sur quatre années.
Le temps des choix pour Pape Thiaw
Longtemps considéré comme un joker de luxe, Ibrahim Mbaye semble désormais avoir dépassé ce statut. Chaque entrée en jeu renforce un peu plus sa candidature à une place de titulaire. Son profil apporte ce qui manque parfois au Sénégal : l’élimination individuelle, la capacité à créer du danger seul et une spontanéité qui déstabilise les défenses adverses.
À 18 ans seulement, il a déjà démontré qu’il pouvait répondre présent dans les plus grands rendez-vous. Contre la France, il n’a pas empêché la défaite des Lions. Mais il a envoyé un message clair à son sélectionneur. À l’heure où le Sénégal prépare déjà son match décisif contre la Norvège, la question n’est peut-être plus de savoir si Ibrahim Mbaye mérite une place dans le onze de départ.
La véritable question est de savoir combien de temps encore Pape Thiaw pourra se permettre de s’en passer.


