
Le Jaraaf reçoit cet après-midi le Stade de Mbour (17h, Léopold Sédar Senghor) pour un match à forte pression. Avant-dernier du championnat, sans victoire et en panne d’idées, le champion en titre se retrouve au pied du mur face à une équipe mbouroise solide et en confiance.
À quoi tient parfois une saison ? Pour le Jaraaf, tout semble déjà vaciller après seulement quatre journées. Avant-dernier avec deux petits points, le club le plus titré du Sénégal se présente aujourd’hui dans une situation inhabituellement critique : pas de victoire, un jeu fragile, une équipe psychologiquement touchée, et un entraîneur déjà sous pression. Arrivé l’été dernier pour succéder à Malick Daf, Souleymane Diallo peine à installer son empreinte. La défaite contre AJEL (0-2) lors de la 3e journée avait déjà mis en lumière les limites actuelles du projet. Après ce revers, le technicien se voulait toutefois rassurant : « J’ai des relations de confiance et de travail qui me lient avec les clubs. Le jour où un club ou un dirigeant n’est pas content de mon travail, il n’y a pas de soucis. (…) Je ne pense pas que ma position ou ma place est menacée au niveau du Jaraaf. (…) Je suis focus sur l’objectif qui m’a été assigné ».
Mais au-delà du discours, les signaux sont préoccupants. Seulement 2 buts inscrits (un penalty de Mbaye Ndiaye contre HLM, un tir de loin signé Malick Ndoye face à Walydaan) et une défense constamment mise en difficulté. Avec 5 buts encaissés et des occasions concédées bien trop facilement, l’équipe manque d’équilibre et de repères. Deux penalties ont même été ratés, symbole d’un groupe en manque de confiance.
Un champion en plein doute
Les chiffres racontent une vérité simple : le Jaraaf n’y arrive pas. Éliminé dès le premier tour des préliminaires de Ligue des champions africaine, le club a ensuite entamé son championnat sans âme et sans relief. Pour un favori annoncé à sa propre succession, le contraste est saisissant. Le public, réputé exigeant, observe et attend. Mais l’impatience commence déjà à monter du côté de la Médina. Pour la première fois depuis longtemps, le Jaraaf semble chercher à la fois son identité, son football et sa confiance. Le collectif manque de liant, l’animation offensive paraît figée, et défensivement la fébrilité saute aux yeux. L’équipe joue avec le frein à main, comme tétanisée par son propre début de saison.
Stade de Mbour, adversaire solide et en pleine confiance
Face à lui, le Stade de Mbour débarque avec un statut bien supérieur : 4e du championnat avec huit points, aucune défaite, et un visage séduisant depuis le début de saison. Les Mbourois viennent d’ailleurs d’arracher un très bon nul sur la pelouse de Pikine (0-0), preuve de leur solidité défensive et de leur maturité. Il faudra donc un Jaraaf beaucoup plus constant, beaucoup plus agressif et beaucoup plus inspiré pour espérer débloquer son compteur de victoires. Dans le contexte actuel, ce match représente bien plus qu’une cinquième journée : c’est une chance de relancer une saison mal embarquée.
Une urgence : gagner, enfin
Cet après-midi, à Léopold Sédar Senghor, le Jaraaf joue déjà une part de son avenir proche. Une victoire pourrait servir de déclic. Un nouveau faux pas, en revanche, plongerait le club dans une crise ouverte avec un public qui ne pardonne pas les déroutes. Au-delà des points, c’est une question de confiance, de dynamique, et peut-être de stabilité sur le banc. Le champion en titre doit réagir. Maintenant.


