CAN 2025 : le Sénégal domine… mais inquiète devant le but

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Après deux matches disputés à la Coupe d’Afrique des nations, le constat est aussi paradoxal qu’interpellant pour l’équipe nationale du Sénégal. Les Lions dominent les débats en termes de production offensive… mais peinent à convertir leurs occasions. Statistiquement, le Sénégal est l’équipe qui s’est procurée le plus de grosses occasions dans ce début de tournoi (12), devant l’Égypte (9) et le Nigeria (9). Problème : il est aussi en tête des grosses occasions manquées, avec huit situations franches vendangées. Un chiffre qui résume à lui seul le malaise offensif sénégalais.

 

Contre le Botswana (3-0), le score final pourrait masquer certaines limites. Les Lions ont largement dominé la rencontre, multipliant les tirs et les situations dangereuses. Mais le gardien botswanais a réalisé 14 arrêts, preuve d’une inefficacité persistante dans le dernier geste. Face à un adversaire nettement inférieur, le Sénégal s’est créé une multitude d’occasions… sans toujours les convertir avec autorité.

Le révélateur congolais

Face à la RDC, un adversaire d’un tout autre calibre, le manque d’efficacité a pris une dimension plus préoccupante. Les occasions ont été moins nombreuses, mais toujours bien réelles. Nicolas Jackson et Ismaila Sarr ont notamment manqué plusieurs situations franches, illustrant une difficulté chronique à faire la différence dans les matches à haute intensité. À ce niveau de compétition, face à des blocs plus structurés, chaque occasion compte. Et l’efficacité devient une condition non négociable pour aller loin.

Sadio Mané, la valeur sûre

Dans ce contexte, un nom fait figure d’exception : Sadio Mané. À l’heure où sa place dans le onze était parfois discutée, notamment en raison d’une forme jugée déclinante, l’attaquant d’Al-Nassr s’impose aujourd’hui comme la référence offensive la plus fiable. Meilleur buteur de l’histoire de la sélection, Sadio Mané compte désormais 10 buts inscrits en phase finale de CAN, en six participations. Plus encore, il est le meilleur buteur sénégalais depuis la prise de fonction de Pape Thiaw, avec 9 réalisations sous son mandat. Un leadership assumé et une efficacité qui contrastent avec les difficultés de ses partenaires offensifs.

Nicolas Jackson, l’éternelle promesse

Le cas Nicolas Jackson illustre parfaitement les limites actuelles du secteur offensif. Auteur de ses deux premiers buts en CAN grâce à un doublé contre le Botswana, l’attaquant de Bayern Munich semblait enfin lancer son tournoi. Certains y ont vu un déclic. Mais face à la RDC, il est retombé dans ses travers. Maladroit dans le dernier geste, Jackson continue de souffrir d’un manque de certitude devant le but. Son jeu dos au but est intéressant, sa capacité à combiner avec ses coéquipiers réelle, mais son efficacité reste aléatoire. Avec Jackson, on lance la pièce et on prie qu’elle retombe du bon côté. La formule résume bien le sentiment général.

Contre la RDC, il a notamment manqué une énorme occasion sur une offrande de Sadio Mané, sans parvenir à cadrer. Dans les matches face à des adversaires solides, les occasions sont rares, et la moindre approximation se paie cash. Les chiffres sont parlants : en 27 sélections, Nicolas Jackson n’a marqué que sept buts, tous sous Pape Thiaw. Plus inquiétant encore, à l’exception de son but à Kinshasa contre la RDC, l’ensemble de ses réalisations a été inscrit face à des adversaires de rang inférieur (Malawi, Soudan du Sud, Kenya, Botswana). Un signal fort, qui interroge sur sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous.

Ismaila Sarr, le même scénario qui se répète

Pour Ismaïla Sarr, le problème n’est pas nouveau. L’ailier sénégalais dispute sa cinquième CAN. En 17 matches dans la compétition, il n’a inscrit que 3 buts. Jamais plus d’un par tournoi. Une inefficacité qui nourrit la frustration des supporters, à l’image de sa grosse occasion manquée face à la RDC. Joueur capable d’éclairs comme de longues périodes d’irrégularité, Ismaila Sarr évolue à courant alternatif. À 27 ans, il peine toujours à franchir un cap devant le but et à transformer son activité en statistiques décisives.

Iliman Ndiaye, un pas à franchir

Le cas Iliman Ndiaye est légèrement différent. Installé dans le collectif des Lions grâce à ses performances, il est avant tout un joueur de création. Percussions, dribbles courts, capacité à éliminer et à déséquilibrer : son apport dans le jeu est indéniable. Mais dans une équipe qui aspire à remporter la CAN, Iliman Ndiaye est aussi attendu sur le plan statistique. Avec seulement 3 buts inscrits en sélection, sa contribution offensive reste limitée. Sa capacité à marquer, en plus de créer, sera l’une des clés de la réussite sénégalaise dans ce tournoi.

Une équation à résoudre rapidement

Le Sénégal se crée des occasions, domine ses adversaires et impose son rythme. Mais sans une efficacité accrue de ses attaquants, les Lions s’exposent à de sérieuses désillusions face aux cadors du continent. À ce stade de la compétition, la question n’est plus celle de la production offensive, mais bien de la conversion.

Et dans une CAN où les marges sont minces, cette équation pourrait bien décider du destin des Lions.

El Hadji Malick SARR (envoyé spécial à Tanger, Maroc)

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