Joueur le plus capé de la ligue professionnelle de football au Sénégal, Elhadj Adama Mbaye est une icone incontournable à Pikine où il porte les couleurs du club fanion depuis plusieurs années. Il est le capitaine et porte étendard de l’As Pikine, un club où il a connu ses plus grandes lettres de noblesse d’où la sympathie que lui porte les pikinois. Dans cet entretien qu’il nous accordé, celui qui traine 22 ans de carrière se livre à nous pour se raconter en long et en large.

 

Bonjour Adama Mbaye ! Quelle est votre histoire avec le football et vos débuts ?

Le football et moi, c’est une longue histoire d’amour. Depuis mon jeune âge, c’est devenu une passion chez moi au point que je laissais de coté les cahiers et les études pour aller jouer au foot. J’ai démarré chez les minimes de l’école de foot de Tassirou Diallo. Ce dernier est le premier à m’avoir encadré en m’apprenant les BA BA du football comme les fameux « contrôle-passes ».  Puis j’ai aussi joué dans l’équipe de mon quartier à l’Asc Sirath une année chez les cadets et deux chez les séniors. En 2000, j’ai rejoint les Niayes de Pikine. Je me rappelle encore de mon premier match, c’était contre la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) un club où j’ai joué plus tard en 2003-2004. Ensuite j’ai été en Arabie Saoudite avant de rentrer au bercail en jouant à la Jeanne d’Arc puis à l’As Pikine pour la saison 2009-2010. En 2014, après notre doublé Coupe-Championnat du Sénégal, j’ai fait un saut de 3 ans au Gabon. Depuis lors, j’ai fait mon come-back à l’As Pikine où je suis jusque là.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant tout ce parcours que vous venez de dresser ?

Beaucoup de choses m’ont marqué car j’ai gagné bon nombre de médailles, de trophées et d’argent. J’ai fait également la connaissance de plusieurs personnes formidables et plein d’autres choses qui m’ont vraiment plu. Mais si je dois retenir une chose, je dirais le match As Pikine-Jaraaf en finale de la Coupe de la ligue. Je ne saurais l’oublier.

Pourquoi ce match ?

Parce ce que c’est le tout premier trophée de l’histoire du club. De Niayes jusqu’à l’As Pikine, on n’avait encore jamais remporté la moindre coupe. Nous avons inscrit le nom de Pikine dans les annales du football sénégalais à partir de ce jour là. Cela ne s’oublie !

 

Vous êtes passé par plusieurs clubs mais on n’a l’impression que vous avez fait toute votre carrière à l’As Pikine dont vous êtes l’emblème. Comment expliquez-vous cela ?

La raison peut s’expliquer par le fait que la plupart de mes trophées, je les ai remporté avec ce club. De plus, les pikinois m’aiment énormément et moi j’ai beaucoup d’estime pour eux. Je n’ai aucun sens interdit ici, je peux entrer dans n’importe quelle maison car mes amis sont partout. Je pense que c’est Dieu qui a fait les choses ainsi. Entre les pikinois et moi, c’est un réel amour.

Un réel amour symbolisé par votre nom donné à une des deux tribunes du stade Alassane Djigo de Pikine. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Oh mon cher ! Tu ne peux même pas imaginer l’effet que cela me fait ! C’est inédit dans le championnat sénégalais. Je suis l’unique joueur de ce championnat à pouvoir se revendiquer que son nom soit donné à une tribune d’un stade au Sénégal. C’est un plaisir immense, indescriptible qui me pousse tous les jours à me battre pour donner le meilleur de moi-même à chaque match.

Quel est le secret de la longue carrière d’Adama Mbaye ?

Je vous répondrais directement que c’est une bonne hygiène de vie qui m’a donné cette force de jouer jusque là. 22 ans de carrière, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut faire beaucoup de sacrifices comme se dévouer aux entrainements, bien manger et beaucoup se reposer. Je ne sors pas de chez moi, ce sont plutôt mes amis qui viennent passer du temps ici. On fait le thé et on discute. Il me reste encore un peu de jus pour jouer, je suis loin d’être cuit (rires) !

Vous arrive-t-il de faire le point sur le nombre de vos buts marqués en carrière ?

Je n’y ai pas songé mais je pense que je vais m’y mettre. Mais en attendant, ce dont je suis convaincu c’est que je suis le meilleur buteur de l’histoire de la ligue pro. En 11 ans de football professionnel au Sénégal, personne n’a marqué autant de buts que moi !

A coté du football sur gazon, vous jouez aussi depuis quelques temps au Beach Soccer. Pourquoi cette discipline ?

Tout est parti d’une sélection en équipe nationale qu’on m’a faite et que je n’ai pu refuser par devoir de patriotisme. Actuellement je dispute le championnat de Beach Soccer avec l’équipe de Gorée. C’est une discipline plaisante que j’aime bien. Je profite de l’occasion pour remercier les membres de l’équipe nationale qui m’ont bien accueilli comme le capitaine Ouzin, le coach Ngalla Sylla et tous les autres. De plus j’ai remporté deux trophées avec la sélection.

Dernière question, quels conseils donnez vous à vos jeunes frères par rapport à leur carrière de footballeur ?

Je leur dirais d’avoir une bonne hygiène de vie, d’éviter de trainer dehors, de respecter les entrainements et de toujours travailler dur pour maintenir une bonne forme physique. C’est le secret d’une longévité de carrière. Il est aussi important d’avoir de la patience et surtout de ne pas se focaliser uniquement sur l’argent. Un plan de carrière bien défini peut vous aider à franchir les étapes sans n’en sauter aucune dans votre marge de progression.

Sarr Papa (13 TV)

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