Pape Thiaw, l’art de transformer son banc en arme fatale

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A la uneEquipe Nationale A

En dix rencontres à la tête des Lions, Pape Thiaw a imposé un style où la lecture de jeu et la gestion du banc deviennent des armes redoutables. Après le succès renversant du Sénégal face à la RD Congo (2-3) à Kinshasa, le sélectionneur confirme qu’il n’est pas seulement un pompier de service, mais bien un entraîneur capable d’imprimer sa marque sur une équipe en quête de triomphe.

 

Après le test réussi contre le Burkina Faso pour la qualification à la Coupe d’Afrique des Nations, Pape Thiaw a fait encore plus grand en allant battre les Léopards dans leur stade mythique des Martyrs avec deux buts de retard. Une performance rayonnante qui donne l’autorisation de se pencher un petit peu plus de ses débuts à la tête des Lions.

 

Une lecture de jeu qui change tout

Depuis son premier match contre le Malawi (4-0), Pape Thiaw a démontré une rare capacité à sentir le tempo d’une rencontre. Six fois en dix matchs, ses changements ont directement débouché sur un but. L’exemple le plus récent reste la victoire à Kinshasa, où l’entrée de Pape Matar Sarr a été décisive, l’ancien joueur de Génération Foot inscrivant le but de la délivrance. Ce flair tactique, déjà aperçu lors de la CAN qualificative avec les rentrées de Boulaye Dia, Habib Diarra ou Cheikh Tidiane Sabaly, témoigne d’un sélectionneur qui sait utiliser ses ressources au bon moment.

 

Le milieu, véritable moteur du projet

Sous Aliou Cissé, Sadio Mané concentrait l’essentiel de la responsabilité offensive. Avec Pape Thiaw, l’équilibre change : les milieux prennent une place prépondérante. Sur les 19 buts marqués depuis son arrivée, 9 portent la signature des milieux (Pape Matar Sarr, Habib Diarra, Pape Guèye). Comme au CHAN qu’il a remporté avec la sélection locale, Thiaw donne aux milieux un rôle central dans l’animation offensive. Son choix de constamment alterner ses trios au milieu – sans jamais répéter la même association – prouve qu’il veut exploiter la richesse d’un secteur aujourd’hui considéré comme le plus fourni du continent.

 

Une défense solide malgré quelques ajustements

Les chiffres parlent : 4 buts encaissés en 10 matchs, dont seulement 2 en compétition officielle. Face à la RDC, les Léopards ont su profiter de certains manques d’automatismes, conséquence de l’absence de Moussa Niakhaté. Koulibaly a dû s’adapter à l’axe gauche, moins familier, avec une complicité à construire avec El Hadji Malick Diouf. Malgré ces ajustements, l’assise défensive reste un point fort de la nouvelle ère, confirmant que le sélectionneur sait bâtir sur des bases solides.

 

L’équation de l’avant-centre toujours posée

Si les milieux brillent, la pointe offensive reste une interrogation. Nicolas Jackson, Boulaye Dia, Habib Diallo et Chérif Ndiaye se sont relayés, mais n’ont marqué que trois fois en dix matchs. Même l’option d’installer Sadio Mané en numéro 9 n’a pas convaincu. Le secteur offensif demeure le chantier le plus urgent de Thiaw, qui doit encore trouver le profil capable d’incarner ce rôle de finisseur.

 

Un sélectionneur qui s’affirme

En moins d’un an, Pape Thiaw a réussi à s’imposer comme un technicien crédible, tactiquement inspiré et pragmatique. Ses choix en cours de match, l’émergence des milieux buteurs, la solidité défensive, autant de marqueurs qui montrent que le Sénégal avance avec une patte reconnaissable. Avec deux journées restantes avant la Coupe du monde 2026, les Lions ont leur destin en main. Et le sélectionneur aussi.

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