Égypte – Sénégal : cinq matchs pour raconter une rivalité

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Épisode 1 – Le coup de tonnerre du Caire (7 mars 1986)


Le 7 mars 1986, le Sénégal signe l’un des plus grands exploits de son histoire en battant l’Égypte, pays hôte de la Coupe d’Afrique des nations, en match d’ouverture. Une victoire fondatrice, longtemps restée comme une référence absolue du football sénégalais.

 

Le Caire, mars 1986. 17 ans après sa dernière apparition sur la scène continentale, le Sénégal retrouve la Coupe d’Afrique des nations. L’édition est la 15e du nom, organisée par l’Égypte, et l’affiche inaugurale paraît déséquilibrée. D’un côté, les Pharaons, portés par leur public et une réputation d’invincibilité à domicile. De l’autre, des Lions de la Teranga encore en quête de reconnaissance, absents de la CAN depuis 1968.

Ce vendredi 7 mars, dans un Stade international du Caire plein à craquer, près de 100 000 spectateurs, personne n’imagine réellement un faux pas égyptien. Le Sénégal, logé dans le groupe A avec le pays hôte, la Côte d’Ivoire et le Mozambique, est attendu sans pression, presque en figurant.

Et pourtant.

Un but, un silence, un exploit

La rencontre est tendue, engagée, dominée territorialement par l’Égypte. Mais le Sénégal résiste, s’organise, s’accroche. À la 67e minute, l’histoire bascule. Sur une action maîtrisée, Thierno Youm surgit et trompe la défense égyptienne. 1-0 pour le Sénégal. Le stade se fige. Le Caire se tait. L’Égypte, qui se croyait intouchable sur ses terres, vacille dès le match d’ouverture. Pour les Lions, c’est bien plus qu’un but. C’est une déclaration d’existence.

L’un des plus grands exploits de l’équipe nationale du Sénégal dans une Coupe d’Afrique des Nations

 


Le retour d’un pays sur la carte du football africain

Cette CAN 1986 ne naît pas dans l’abondance. Comme le rappelleront plus tard plusieurs acteurs de l’époque, une quête nationale avait même été organisée pour soutenir l’équipe, créant une ferveur populaire rare autour de la sélection. L’équipe dirigée par Pape Diop ne vient pas au Caire en favorite, mais avec une mission : représenter dignement un pays resté trop longtemps loin des grandes scènes africaines.

La victoire face à l’Égypte agit alors comme un signal fort. Le Sénégal n’est plus seulement un invité. Il peut rivaliser. Il peut surprendre. Il peut gagner.

Une référence malgré la désillusion

La suite sera plus cruelle. Malgré ce départ idéal, les Lions seront éliminés lors du troisième match par la Côte d’Ivoire, sur un but d’Abdoulaye Fofana. Une désillusion sportive qui n’effacera jamais l’éclat du 7 mars 1986.

Pendant longtemps, et encore aujourd’hui chez les plus anciens, « Le Caire 86 » restera une date à part. Une victoire fondatrice, un souvenir collectif, le point de départ symbolique d’un Sénégal qui, bien des années plus tard, deviendra champion d’Afrique.

Ce jour-là, au Caire, la rivalité entre l’Égypte et le Sénégal venait de naître dans le fracas d’un silence.

El Hadji Malick SARR (envoyé spécial à Tanger, Maroc) 

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