CONTRIBUTION : Maroc–Sénégal : une fraternité historique ravivée par la CAN 2025

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La Coupe d’Afrique des Nations 2025 superbement organisée par le Maroc ne se résume pas seulement à une succession de matchs spectaculaires joués dans de très beaux stades. La CAN met également en lumière une fraternité profonde entre le Maroc et le Sénégal ; deux nations que le football rapproche davantage. Cette relation ne date pas d’aujourd’hui. Bien au contraire, elle s’inscrit dans une histoire profonde, institutionnelle, culturelle et humaine qui trouve ses racines dès les premières années postindépendances.

Dès 1964, le Maroc et le Sénégal scellent un partenariat solide à travers une convention d’établissement signée à Dakar, puis ratifiée par décret royal en décembre 1965. Cet accord fondateur a posé les bases d’une coopération durable et d’une relation fraternelle exemplaire entre les deux nations.
Une relation politique visionnaire et pionnière
Cette dynamique de rapprochement est portée à l’époque par deux figures majeures du continent africain : Léopold Sédar Senghor, premier Président de la République du Sénégal et Sa Majesté le Roi Hassan II, Souverain du Maroc de 1961 à 1999. Les deux hommes avaient su bâtir un partenariat stratégique fondé sur le respect mutuel, la solidarité et une vision commune du développement africain. Cette convention d’établissement a permis une libre circulation, une meilleure intégration des ressortissants et un renforcement des liens humains entre les deux peuples.

La CAN 2025 révélatrice d’une amitié historique

La CAN 2025 est apparue comme une nouvelle révélation de cette amitié sénégalo-marocaine. À chaque match, le spectacle ne se joue pas uniquement sur la pelouse, mais il est aussi vécu dans les tribunes. Lorsque le Sénégal entre en scène, les supporters marocains remplissent les gradins et poussent les Lions de la Téranga comme s’il s’agissait de leur propre équipe. Et quand le Maroc joue, les supporters sénégalais répondent présents avec la même ferveur pour soutenir les Lions de l’Atlas. Une image rare dans une compétition aussi disputée et compétitive où la rivalité laisse souvent peu de place à la solidarité. Ici, au contraire, l’ambiance donne parfois l’impression que les deux sélections ne forment qu’une seule équipe.

Les marocains de Tanger envahissent le stade Ibn Batouta avec le drapeau sénégalais pour soutenir les Lions durant la CAN

 

Des Lions qui partagent plus qu’un surnom

Au-delà du sport, Marocains et Sénégalais partagent de nombreux points. La religion musulmane, bien sûr, constitue un socle spirituel important, mais la proximité va bien plus loin: traditions de convivialité, hospitalité légendaire, importance du partage ravivé par le dîner autour du couscous du vendredi. Le symbole du lion, emblème des deux sélections nationales et porté fièrement par les joueurs, illustre parfaitement cet esprit combatif et solidaire. Cette proximité culturelle explique en grande partie la fraternité quasi naturelle observée dans les rues, les stades, les cafés et les fan zones, où marocains et sénégalais se supportent mutuellement.

Une fraternité vécue au quotidien

Avec une communauté estimée à près de 200 000 Sénégalais vivant au Maroc, cette relation se vit aussi au quotidien dans les rues, les marchés, les places publiques, de Casablanca, de Rabat, de Fès ou de Tanger, entre autres. Ce n’est donc pas un hasard si les matchs du Sénégal figurent parmi les rencontres qui affichent les plus fortes affluences de la compétition en dehors de ceux du pays hôte. Il suffit d’échanger avec un Marocain – qui possède d’ailleurs ce don presque instinctif de reconnaître un Sénégalais – pour entendre citer le nom de Sadio Mané, de Kalidou Koulibaly ou d’autres figures emblématiques des Lions de la Téranga. Les huitièmes et quarts de finale ont offert une nouvelle démonstration d’engouement populaire. Les stades, les cafés et les fan zones étaient bondés lors des victoires du Sénégal face au Soudan et au Mali, ainsi que lors des succès du Maroc contre la Tanzanie et le Cameroun. Cet enthousiasme fait écho au formidable élan de solidarité observé lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, marqué par le parcours historique des Lions de l’Atlas qui s’étaient hissés en demi-finale.

Une organisation exemplaire, un avant-goût du Mondial 2030

La CAN 2025 restera également dans les mémoires pour la qualité exceptionnelle de son organisation : des infrastructures modernes, des pelouses aux allures de billards, une logistique maîtrisée, un accueil chaleureux et une ambiance festive. Pour beaucoup d’observateurs, cette édition ressemble déjà à une répétition générale d’avant Coupe du Monde 2030 que le Royaume chérifien coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Une finale rêvée pour finir en beauté
Le scénario parfait serait désormais une finale Maroc–Sénégal. Toutes les attentes portent désormais sur le souhait d’une finale entre lions de l’Atlas et Lions de la Téranga. Une telle affiche serait l’apothéose idéale d’une CAN 2025 déjà historique. Une telle finale offrirait aux milliers de supporters un choc de haut niveau entre deux grandes nations du football africain, mais cela sera surtout synonyme d’une fête populaire, fraternelle et symbolique. Si elle venait à se produire, cette affiche serait la plus belle conclusion possible de cette CAN 2025 qui restera dans l’histoire : une compétition marquée par la qualité du jeu, l’excellence de l’organisation et surtout par une fraternité sportive rare, incarnée par deux équipes de Lions unis par bien plus qu’un ballon.

Djiby Anne

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