Iliman Ndiaye, la CAN du passage de témoin

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À 25 ans, Iliman Ndiaye s’apprête à disputer sa deuxième Coupe d’Afrique des nations avec un statut radicalement différent. Joker prometteur lors de la CAN 2024 en Côte d’Ivoire, le milieu offensif est désormais attendu comme le nouveau leader technique des Lions, au moment où une génération dorée amorce son lent déclin.

 

Lorsqu’il découvre la Coupe d’Afrique des nations en Côte d’Ivoire, en janvier 2024, Iliman Ndiaye avance sur la pointe des pieds. Utilisé comme joker, il s’illustre par touches, laissant entrevoir son immense potentiel sans encore porter le poids des attentes. Une passe décisive contre la Gambie, un but face à la Guinée en phase de groupes, et surtout une première immersion dans la réalité du football africain, plus rude, plus intense, plus tactique. Moins de deux ans plus tard, le décor a changé. Le même Iliman Ndiaye revient sur le continent avec une tout autre étiquette. Celle d’un joueur attendu, observé, ciblé. À 25 ans, il n’est plus un pari mais une certitude technique. Sa montée en puissance avec Everton, où il s’est imposé comme l’un des joueurs les plus créatifs et les plus imprévisibles, a renforcé son crédit. En Angleterre, son profil séduit, son nom circule, et son influence ne cesse de grandir.

De l’héritier désigné à l’homme clé

En sélection, cette évolution est encore plus frappante. Longtemps portée par Sadio Mané, l’attaque sénégalaise entre progressivement dans une nouvelle ère. Le capitaine historique reste une référence, mais les signes d’usure physique sont là. Le coup de rein s’est émoussé, la percussion est moins constante, et les défenses adverses ne tremblent plus systématiquement à son premier contrôle. Dans ce contexte, Iliman Ndiaye apparaît comme l’héritier naturel. Sa performance aboutie face à la RDC, décisive dans la qualification du Sénégal pour la Coupe du monde, a servi de révélateur. Les adversaires ont compris que la nouvelle menace ne venait plus seulement des ailes mais aussi de l’intérieur du jeu, là où Iliman excelle par sa créativité, sa vision et sa capacité à déséquilibrer sur un dribble ou une feinte de corps.

Le talent ne suffit plus

Mais à l’aube de cette CAN, une exigence demeure. En 32 sélections, Iliman Ndiaye n’a inscrit que 3 buts. Un chiffre qui interroge au regard de son volume de jeu, de son influence et de son statut grandissant. Le Sénégal n’attend plus seulement un joueur spectaculaire, capable de faire lever les tribunes par un petit pont ou une accélération déroutante. Il attend un leader offensif décisif dans la zone de vérité. L’apprentissage est terminé. Le contexte africain est désormais assimilé. Les repères sont là. À 25 ans, Iliman Ndiaye n’a plus l’excuse de la jeunesse ni celle de la découverte. Cette CAN doit être celle de la confirmation, celle qui le fera changer de dimension en équipe nationale.

Une transition générationnelle à incarner

Au-delà du Sénégal, le football africain vit une période charnière. Des figures majeures comme Mohamed Salah, Vincent Aboubakar ou Pierre-Emerick Aubameyang s’approchent doucement de la fin du cycle. Une page se tourne, une autre doit s’écrire. Iliman Ndiaye a l’opportunité rare de s’inscrire comme l’un des visages de cette nouvelle ère. Pour cela, il devra transformer le frisson en efficacité, le talent en chiffres, l’espoir en certitude. Cette CAN n’est pas seulement un tournoi de plus. Elle est peut-être celle du passage de témoin.

 

El Hadji Malick SARR

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