
À 32 ans, Sadio Mané s’apprête à disputer la sixième Coupe d’Afrique des Nations de sa carrière. Plus que tout autre joueur de l’effectif sénégalais, l’attaquant des Lions incarne la mémoire récente de la CAN, ses espoirs, ses désillusions et son apogée. Toujours décisif, toujours scruté, il arrive à cette 35ᵉ édition avec l’orgueil intact d’un champion qui refuse de disparaître.
Un habitué de la CAN, un repère dans le vestiaire
De 2015 à aujourd’hui, Sadio Mané n’a manqué aucune grande échéance continentale. Six CAN disputées, un record dans l’effectif actuel du Sénégal, et une constance rare à ce niveau. Là où d’autres sont passés, lui est resté. De jeune ailier explosif à leader d’expérience, Mané a traversé les générations sans jamais perdre son influence. Son palmarès continental parle pour lui. Depuis 2017, il est à la fois co-meilleur buteur de la CAN avec neuf réalisations, à égalité avec Vincent Aboubakar, et meilleur passeur sur la période avec six passes décisives. Dans le jeu, son impact dépasse largement les chiffres bruts. Avec 115 ballons touchés dans la surface adverse (5,5 par match) et 59 dribbles réussis (2,8 par rencontre), il reste l’un des joueurs les plus influents de la compétition sur les huit dernières années.
Un objectif clair : se rapprocher de l’histoire
Avec ses 9 buts inscrits en CAN, Sadio Mané n’est plus très loin du cercle fermé des légendes offensives du tournoi. Le podium historique reste élevé, mais accessible à moyen terme.
1- Samuel Eto’o – 18 buts
2- Laurent Pokou – 14 buts
3- Rashidi Yekini – 13 buts
7- Didier Drogba – 11 buts
Il pourrait même détrôner la légende ivoirienne, Didier Drogba. Un ou deux buts supplémentaires lors de cette CAN pourraient permettre à Mané de se rapprocher sérieusement du top 5, et d’inscrire encore un peu plus son nom dans l’histoire du football africain.
Sous Pape Thiaw, un leader toujours décisif
Depuis la prise de fonction de Pape Thiaw, Mané reste le fer de lance offensif des Lions. 8 buts en 12 matchs sous cette ère, dont un triplé retentissant lors du dernier match amical face au Kenya, preuve que son sens du but et sa capacité à faire basculer un match ne se sont pas évaporés. Pourtant, le débat enfle. Une partie des supporters estime que le temps est venu de réduire son temps de jeu afin de laisser davantage d’espace à la nouvelle génération. Une discussion légitime, mais qui se heurte à une réalité simple que dans les grands tournois, l’expérience pèse lourd.
L’orgueil du champion
Sadio Mané ne sera jamais un joueur ordinaire au Sénégal. Il fait partie de ceux qui ont offert la première CAN de l’histoire du pays, un statut qui le place à part. Pour beaucoup, il reste un repère émotionnel, presque une figure messianique du football sénégalais moderne. Critiqué, contesté parfois, Mané avance avec cette fierté propre aux champions. À l’aube de cette 35ᵉ Coupe d’Afrique des Nations, l’esprit de compétition qui l’a toujours animé pourrait encore surgir. Car les grands joueurs ne choisissent pas leur moment. Ils répondent présents quand l’histoire les appelle. Et à sa sixième CAN, Sadio Mané n’a sans doute pas dit son dernier mot.



Sénégal-Haïti : comment les Lionnes peuvent se qualifier pour le Mondial féminin ?