Le nouveau sacre de l’Italie à l’Euro 2020 est loin d’être volée, au regard du brillant parcours que les azzurri ont fait pendant le tournoi. Pourtant, cette équipe d’Italie n’était pas donnée favori pour la victoire finale de cet Euro, et même après un sans-faute en phase de poules, avec 3 victoires en autant de matches, 7 buts inscrits sans en encaisser le moindre. Ce statut d’outsider s’est encore confirmé, lorsque l’Italie arrive en finale pour jouer contre l’Angleterre ; une équipe qui a l’avantage de jouer à domicile, et qui courait derrière un titre depuis 1966. Par-dessus tout, l’Angleterre dispose d’un effectif jeune et incroyablement talentueux et avait la ferme intention de gagner la coupe pour son peuple ainsi qu’en a attesté son slogan « Football is Coming Home ». Tout était fait pour que l’Angleterre gagne. La situation sanitaire a conduit à des restrictions pour certains supporters et fait que Wembley était certes plein le jour de la finale, mais d’une façon disproportionnée. En dépit du nombre important de supporters anglais, plus de 58000 en comparaison de la cohorte d’à-peu-près 6000 italiens ; dont une majorité de résidents et quelques centaines de voyageurs privilégiés, l’Italie a gagné.

Un effectif de complémentarités.

La force d’une équipe réside dans la complémentarité de ses joueurs. L’équipe italienne n’est pas une constellation de stars certes, mais elle présente une sélection de qualité, et équilibrée. Une sélection composée de talentueux jeunes joueurs et de joueurs plus expérimentés ; ce qui lui donne un équilibre parfait. Après son cuisant échec à la Coupe du Monde 2014, son élimination en ¼ de finales de l’Euro 2016 et sa non-qualification à la Coupe du Monde 2018, l’Italie a pris l’option de reconstruire une équipe compétitive. Pour ce faire, confiance a été portée sur Roberto Mancini, qui s’avérait être le meilleur choix du haut de son expérience de manager. Lorsque l’on regarde l’ossature de la Squadra Azzurra, on voit bien que la répartition est bien faite, avec une ligne de défense expérimentée formée par la charnière Bonucci-Chiellini. Il va sans dire que l’expérience est une garantie de solidité défensive, et l’arrière-garde de la Juventus en est la preuve. La paire de 70 ans allie expérience, intelligence et détermination. La vitesse n’étant pas leur plus grande qualité, Bonucci et Chiellini s’appuient sur des latéraux jeunes qui savent courir, à l’image de Di Lorenzo (27 ans), de Spianazzola (28 ans) ou de Emerson (26 ans) ; le tout devant un infranchissable jeune gardien Donnaruma qui n’a pas fini d’impressionner le monde du football.

Sur les autres lignes, il y a aussi de la qualité à foison, avec un milieu emmené par la tour de contrôle Jorginho, accompagné par le duo Barella-Verratti dont la qualité n’a pas encore fini de séduire. A noter que ce milieu intègre aussi Locatelli (titulaire en début de compétition), Pessina ou encore Cristante dont le talent ne souffre d’aucune contestation. Le front de l’attaque italienne est aussi un combo d’expérience et de jeunesse. L’expérience du buteur Immobile et celle du lutin Insigne sont complétées par la jeunesse de Chiesa et de Berardi ou encore Belloti et Bernardeschi. Une attaque qui a marqué 13 buts en 7 matches soit près de 2 buts par match, lors de cette édition 2020.

Une équipe qui s’adapte.

Il est notoire que Mancini sait se montrer fidèle à ses idées et à ses préceptes de jeu, en témoigne son 4-3-3 ; un système qu’il aligne depuis son arrivée à la tête de la Nazionale. De mémoire, la seule fois que Mancini a modifié son système, c’était lors de la défaite que l’Italie a concédé face au Portugal, en match de poule de la Ligue des Nations, en septembre 2018. C’était d’ailleurs sa dernière défaite et l’une des deux seules en 37 matches disputés. De quoi rappeler que le technicien italien est un adepte du jeu offensif. Pour le surplus, l’équipe italienne sait s’adapter à ses adversaires. Lors de cette Euro 2020, la Nazionale a dominé ses premières rencontres avec une possession de balle au-dessus des 50% excepté contre la Suisse, mais elle n’a pas hésité à revenir aux bases et principes défensifs du football italien, et de faire le dos rond quand il le fallait. Face à l’Espagne en 1/2 finale et l’Autriche en 1/8e, la Squadra a su faire preuve de résilience lorsqu’elle a été un peu en difficulté dans le jeu. Même contre l’Angleterre qui était l’équipe la moins prévisible en termes de jeu, l’Italie s’est adaptée. C’est donc une équipe qui sait aussi subir quand il le faut, mais en faisant montre d’une solidarité exceptionnelle.

La patte Mancini.

La première force de Roberto Mancini c’est son staff. Depuis sa nomination à la tête de la Nazionale en mai 2018, Roberto Mancini s’est entouré d’un état-major de très grande qualité, composé d’anciens joueurs qui ont tous un vécu de champion. Massimo Battara (entraîneur des gardiens) et Giulio Nuciari, deux anciens gardiens de buts, Gabriele Oriali, Alberico Evani, Daniele De Rossi, tous d’anciens défenseurs et milieux de terrain, Attilio Lombardo et Gianluca Vialli, anciens attaquants et d’autres membres du staff de Mancini, qui tous savent comment gagner des titres. L’équilibre a aussi été de mise dans l’encadrement, et le staff est taillé sur mesure, comme le costume du sélectionneur, signe d’une classe et d’une éléganceitaliennes légendaires. L’autre force de Mancini, c’est sa capacité de gestion d’effectifs. Le technicien italien a su mobiliser tout son groupe autour d’un même objectif. La preuve : 25 sur 26 joueurs convoqués, ont joué et la quasi-totalité des joueurs de champs ont participé à la compétition. Seul le gardien Alex Meret n’a pas joué. C’est dire que Mancini a construit un groupe homogène et soudé comme un seul homme, grâce à un management qui frise la perfection. C’est surement à tout ce qui précède que la Squadra Azzurra doit sa deuxième Coupe d’Europe. Son invincibilité exceptionnelle (34 matches désormais) n’est pas seulement un mythe puisque l’équiped’Italie n’est plus qu’à un match du record absolu, détenu pour l’heure par seulement 2 équipes au monde : l’Espagne et le Brésil.

Souhaitons-lui une fortune tout aussi bonne sur les langues de la postérité.

Djiby ANNE

Annedjiby@gmail.com

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