Débuts de match, le talon d’Achille du Sénégal sous Pape Thiaw

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Les débuts de match ratés deviennent un fil conducteur préoccupant chez les Lions. Face au Brésil, où le Sénégal a été étouffé d’entrée pour finalement s’incliner 2-0, les mêmes lacunes observées depuis plusieurs mois sont réapparues au grand jour. À moins d’un mois de la CAN 2025, la tendance interroge.

Un mal récurrent qui dure depuis plusieurs mois

Le Sénégal version Pape Thiaw peine à entrer dans ses matchs. Ce n’est pas une impression mais une constante statistique. Depuis plusieurs mois, les Lions sont régulièrement sanctionnés en première période, même lors des rencontres remportées. Contre la Mauritanie et le Soudan du Sud, les résultats larges avaient masqué des premières minutes poussives, marquées par un déficit d’inspiration, des pertes de balles inhabituelles et un manque de liant dans le jeu. Les Lions s’étaient réveillés tard, profitant surtout de la faiblesse adverse. Mais les signaux d’alerte se sont surtout intensifiés lors des trois derniers tests d’envergure avant le Brésil. Face à la RDC, l’Irlande et l’Angleterre, les Lions ont concédé des buts tôt dans le match, respectivement à la 26ᵉ et 33ᵉ minute contre les Congolais, à la 21ᵉ minute en Irlande et à la 7ᵉ minute contre l’Angleterre. À chaque fois, l’équipe montait progressivement en régime, mais après avoir couru derrière le tempo imposé par l’adversaire.

Brésil – Sénégal, une entame catastrophique qui confirme le problème

La défaite 2-0 face au Brésil ce samedi n’est que la confirmation la plus flagrante de ce mal profond. Dès les premières minutes, les Lions ont suffoqué, submergés par l’intensité technique et la vitesse de projection de la Seleção. Un élément contextuel a accentué la difficulté : l’arrivée tardive du bus sénégalais à l’Emirates Stadium, environ quarante minutes seulement avant le coup d’envoi. L’échauffement tronqué a privé les joueurs de repères et de montée en température adaptée pour un duel de ce niveau. Mais réduire l’entame ratée à cet incident logistique serait simplificateur. Les failles observées face au Brésil sont exactement celles déjà visibles auparavant : bloc trop bas, première relance fébrile, absence de lien entre défense et milieu, manque d’agressivité à la perte. Résultat : deux punitions logiques, à la 28ᵉ et 35ᵉ minute. Face à une équipe de ce calibre, ces retards à l’allumage ne pardonnent presque jamais.

À un mois de la CAN, une urgence collective à traiter

Le Sénégal n’est pas dans une crise, mais dans un processus perfectible dont le principal chantier est identifié. Ce groupe possède de la qualité, de la densité et une palette offensive intéressante. Mais à la veille d’une CAN très relevée et d’un Mondial où le niveau d’exigence sera maximal, ces débuts de match ratés constituent un risque majeur.

Entrer dans un match international de haut niveau nécessite intensité, concentration et maîtrise des détails. Les Lions ne peuvent plus attendre vingt minutes pour trouver leur rythme, sous peine de s’exposer systématiquement à des scénarios défavorables.

L’aveu de Pape Thiaw 

En conférence de presse, Pape Thiaw n’a pas fui le problème. Le sélectionneur a reconnu la nécessité d’une correction immédiate : « Nous devons clairement progresser sur nos débuts de match. Face à des équipes de ce calibre, chaque détail compte. Il faut apprendre de ces confrontations pour continuer à évoluer. Face à la RDC, nous étions bien en place, mais face au Brésil, nous avons payé nos erreurs. » Cette lucidité est encourageante, mais elle appelle désormais des solutions concrètes : préparation mentale renforcée, mise en route physique plus rapide, pressing initial mieux coordonné ou encore meilleure utilisation de la première relance.

Le Sénégal a du caractère, de la qualité et une capacité à revenir dans les matchs. Mais pour exister face aux grandes nations lors de la CAN 2025 et du Mondial 2026, il faudra surtout exister dès la première minute. Les débuts de match ratés ne sont plus des accidents mais un axe majeur de progression. Le choc face au Brésil en est la dernière preuve.

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