Mbaye Leye a été intronisé coach du Standard. Le Sénégalais devient, à 38 ans, le coach d’un club dans lequel il est à la fois passé en tant que joueur ainsi qu’adjoint. Il a marqué le championnat de son empreinte en portant la vareuse de six clubs de l’élite, dont celui de Zulte-Waregem qu’il aura arboré à trois moments dans sa carrière. Déterminé et emprunt d’un grand sens du collectif, il peut aussi s’avérer sans filtre dans ses déclarations. Le Standard a en tout cas rapatrié un homme qui connaît très bien la maison, ses particularités et ses joueurs.

Un buteur qui score partout

L’histoire footballistique de Leye débute en France. « Mes parents m’y ont envoyé pour mes études. Mon père ne voulait pas que je sois footballeur, j’ai joué un an à Lorient sans lui dire que j’avais mis l’unif entre parenthèses. Puis le Sénégal a brillé au Mondial 2002, et pour tant de familles sénégalaises, une carrière de footeux devenait un bon choix. » Après deux expériences en France, il découvre la Belgique par le prisme de Zulte-Waregem. Une porte d’entrée qui sera également un repère dans sa carrière, puisqu’il évoluera à trois reprises au Stade Arc-en-Ciel au long de sa carrière. C’est avec la bande à Frank Dury que le Sénégalais connaît ses plus belles heures : vice-champion de Belgique en 2013, vainqueur de la Coupe de Belgique quatre ans plus tard lors d’un troisième passage au club. Sa relation très forte avec Frank Dury le mène très loin : il détient le titre -purement honorifique- de meilleur buteur de l’histoire des Playoffs 1 avec 22 buts. Ce qui témoigne autant de sa fidélité au championnat qui a fait sa gloire que de son efficacité dans les moments charnières de ses équipes. Il marque dans toutes les positions -y compris de la tête, domaine dans lequel il excelle-, et face à tous ses adversaires. Collectif, le joueur peut briller lui-même mais aime aussi mettre ses coéquipiers en valeur : Thorgan Hazard se révèle à ses côtés dans une saison 2013 où il atteint des sommets en termes d’efficacité avec 8 buts dans les Playoffs. »Je marche à l’adrénaline, j’aime la tension, je marque plus facilement dans les matches difficiles » déclare-t-il encore en 2016. Mais son idylle avec Zulte-Waregem se termine brutalement, comme il le détaille sur ses réseaux sociaux à l’époque. Et cette fin abrupte dans le club à qui il avait tout donné témoigne d’un trait de caractère marquant chez Leye : l’homme sait ce qu’il veut et le clame haut et fort, quitte à se faire des ennemis et à parfois partir avec fracas.

Gentleman… au caractère assumé

Si sa clairvoyance et son sens de la communication ont donné de lui une image d’un gentleman du football qui manie la communication à la perfection, le joueur peut aussi montrer un caractère direct, sans filtre, qui tranche avec le béni-oui-oui du monde du football. En 2015, alors à Zulte-Waregem, Leye s’emporte face au coach du Standard, Yannick Ferrera. « Il faut un homme sur le banc, pas besoin de faire le Caliméro », écrit-il sur Twitter après des échanges de noms d’oiseaux. Un peu plus tôt, c’est avec Franck Berrier que les esprits s’échauffent, au point qu’une gifle se soit perdue entre les deux hommes. « L’année prochaine à Zulte-Waregem, il y aura soit Berrier, soit Leye, mais pas les deux », lâche-t-il alors. Lors d’un Zulte-Waregem – Mons, il s’emporte face à un certain Benjamin Nicaise, coupable d’avoir provoqué son exclusion en simulant une faute grotesque. A Eupen, sa relation glaciale avec Claude Makélélé met un terme au projet qui devait lui permettre de terminer sa carrière tout en préparant sa reconversion au sein de l’académie Aspire. A Lokeren, son expérience tourne court alors qu’il est parti pour s’inscrire dans la durée. A chaque fois qu’une situation lui déplaît, Leye le fait savoir. Mais il maintient son cap.

Le Standard : Un rendez-vous manqué en tant que joueur

Au Standard, Leye aurait bien aimé s’inscrire dans la durée. Mais l’arrivée de Roland Duchâtelet lui est fatale. “Moi j’arrivais à un moment où le Standard était vendu » déclarait-il en 2019. « Roland Duchâtelet voulait changer beaucoup de choses et apporter de nouvelles idées. Je pense que tous les joueurs qui étaient arrivés là par l’intermédiaire de Lucien D’Onofrio sont partis. Moi, je faisais partie de cette liste-là. Malheureusement je ne suis pas resté très longtemps, un an et demi… Pour moi le Standard ça reste toujours quelque chose de différent. » Peu après cette déclaration, et alors qu’il boucle son parcours de joueur à Mouscron, le Sénégalais annonce la fin de sa carrière et se déclare candidat à une reconversion dans un staff. Les clubs intéressés abondent et deux candidatures se détachent : Philippe Clement, qui souhaite l’enrôler au FC Bruges, et Michel Preud’homme au Standard. Le désormais ex-joueur retombe dans les bras du coach qu’il avait connu à La Gantoise et s’en va parfaire son apprentissage dans l’ombre du mentor liégeois. Au côté de Preud’homme, il emmagasine les savoirs du coach liégeois, et s’en fait même le paratonnerre à certains moments. En mai dernier, alors que le coronavirus achève de convaincre MPH qu’il est temps de passer le flambeau, on pense la voie toute tracée pour Mbaye Leye, qui se dit prêt à endosser le rôle d’entraîneur principal. Le Standard lui-même répand dans la presse la rumeur, comme pour prendre le pouls de la nouvelle, puis se rétracte et enrôle Philippe Montanier. Le club propose alors à Leye de faire ses armes chez les U21, ce que ce dernier refuse. Six mois plus tard, c’est donc un nouveau changement de cap qui permet à Leye de revenir au Standard par l’entrée des artistes. Avec un défi de taille à assumer pour aller décrocher les Playoffs 1.

Avec Rtbf.be

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