Victor Osimhen « Le chemin de ma vie n’a Jamais été facile « 

Révélation du début de saison, l’attaquant nigérian du LOSC a déjà vécu plusieurs vies à seulement vingt ans. li raconte son parcours accidenté avec franchise et fraîcheur. 

Je ne sais pas que marquer (rires). À Charleroi,j’ai fait quatre ou cinq passes décisives l’an passé.Je sais aussi servir mes coéquipiers. 

Pour moi,c’est une obsession de marquer. Comme attaquant, si tu ne scores pas, tu es hors sujet. 

Chaque match,je veux marquer et faire gagner l’équipe. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’un but a moins de saveur quand tu perds. C’est important en tant qu’attaquant parce que l’équipe dépend de toi. 

Ça fait partie de moi. Depuis que le football est devenu mon seul moyen de survivre.

Tous les jours. Quand j’étais à Wolfsburg. notre gardien Diego Benaglio disait aux jeunes qu’il était là pour eux. « On fait du rab! Venez frapper. » Il nous expliquait quelles étaient les faiblesses des joueurs à son poste,comment ils se plaçaient, où est-ce qu’on peut mettre le ballon.Je pensequeça m’a beaucoup aidé. Après.entrevous et moi.on s’en fout de la manière dont tu marques (rires). Tant que ça rentre … 

Je vais parfois trop vite dans mes mouvements. Je dois être plus calme et savoir exactement où je vais mettre le ballon dans les filets. J’ai encore beaucoup à apprendre. À la fin de chaque 

Chaque match,je veux marquer et faire gagner l’équipe. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’un but a moins de saveur quand tu perds. C’est important en tant qu’attaquant parce que l’équipe dépend de toi. 

Je vais parfois trop vite dans mes mouvements. Je dois être plus calme et savoir exactement où je vais mettre le ballon dans les filets. J’ai encore beaucoup à apprendre.À la fin de chaque match, je regarde ce que j’ai fait, mes mouvements.Et j’apprends des meilleurs attaquants, comme mon idole Didier Drogba. Mais je ne veux pas changer mon jeu. 

Mais c’est déjà le cas! Le deuxième match contre Amiens.j’ai senti la différence. Mais si je suis à mon top, je n’ai peur de personne. Tu sais, quand j’étais gamin,je ne jouais pas avec des mecs de mon âge. Ils étaient plus vieux, plus grands.Je prenais des coups de coude, on me poussait,j’en ai ramassé des coups de pied dans les chevilles. .. Je suis prêt à tout ça. 

Ça ne me fait pas peur car je suis bien entouré. Et en dehors du terrain, je suis quelqu’un de posé.J’aime avoir du temps pour moi, pour réfléchir sur la vie et tout un tas de choses en général.Je me pose pas beaucoup de questions. Une fois sur le terrain.je ne suis plus timide . .ry vais le plus fort possible. Je donne vraiment tout pendant 90 minutes. Je ne triche pas. Quand je termine un match, je suis épuisé. 

Je pense très souvent à d’où je viens et où je veux aller. J’ai encore beaucoup de chemin à faire. Quand je pense à Olusosun,au Nigeria (un quartier très pauvre de Lagos,qui abrite l’une des plus grandes décharges du monde) … Ce n’est pas un endroit qui vous offre des promesses. Mais je n’ai jamais abandonné. Le chemin de ma vie n’a jamais été facile. Quand je reviens chez moi ou lors de mon temps libre.je réfléchis à comment j’en suis arrivé là, la petite célébrité que je dois gérer. Je lis aussi. 

Hmm … Bien joué gamin ! (Rires). Là où j’ai grandi, il y avait beaucoup de jeunes qui étaient talentueux. Maison ne s’entraînait pas dans un environnement favorable. Beaucoup ont dû quitter le football et trouver d’autres moyens de survivre parce que c’est difficile dans le ghetto. Moi,je ne voulais que jouer au football. Et je savais que si je ne trichajs pas et que si je donnais tout pour cette passion, j’obtiendrai quelque chose de positif en échange.Je ne savais pas quoi exactement, mais que ce serait positif. Je suis content de n’avoir jamais abandonné. Rien ne me fera abandonner quoi que ce soit. .. 

C’était vraiment dur à vivre. Par exemple, beaucoup de parents ne voulaient pas que leurs enfants viennent taper le ballon avec moi. Certains refusaient mêine qu’ils s’approchent de moi… À cause de mon contexte familial,on m’a catalogué d’emblée comme un voyou. Heureusement,j’avais deux ou trois amis qui m’encourageaient et qui ont toujours cru en moi.J’ai pris tout ça comme une motivation pour m’aider à grandir. Tout ce que les gens m’ont dit,en bien ou en mal, m’a servi de tremplin. 

Non. Les gens savent quand tu viens de là-bas. Et puis,j’ai perdu ma maman jeune. Mon père sortait pour récupérer de la nourriture et des food tickets.J’ai un souvenir qui me revient là, quand je jouais avec mes amis. On battait l’équipe adverse. Un de mes copains de l’autre équipe m’insultait et me disait: « Vous n’avez pas d’argent chez vous! Ton père vient voir ma mère pour mendier de la nourriture ».Je me suis mis à pleurer, pleurer,pleurer … Mais la roue a tourné. Je ne me suis pas battu avec lui,je ne me suis même pas disputé. On est toujours amis d’ailleurs mais ça restera pour toujours une souffrance dans mon cœur. Je lui ai pardonné. J’ai avancé … 

Oui,je l’ai rencontré trois ou quatre fois au Nigeria. Il ne se rappelle pas de cette histoire.Je ne lui en ai pas reparlé. On a grandi ensemble avec les problèmes. Je suis allé à Wolfsburg et un nouveau combat a démarré. 

Tout. Le quartieroù j’ai grandi n’encourage pas à s’épanouir mais j’en suisaddict. C’est comme ça … Quand j’ai passé mon essai pourentrerchez les Ul7 des Super Eagles, je devais aller à Abuja de jouer au foot pour être une star locale. J’ai pleuré quand je suis parti,j’ai dû quitter mes amis, ma famille, mais avec du recul, c’était le bon moment pourvoir si l’herbe était plus verte ailleurs parce que ça pouvait devenir dangereux pour moi. 

On y allait tous les vendredis ou dimanches our trouver des crampons et des chaussures. •n y restait longtemps. C’était marrant! Nous, n voyait ça comme un jeu mais quand tu y enses … C’était sans cesse un combat On se :1erchait des crampons. Parfois, tu vois, tu te !trouvais avec une Nike au pied droit et puis tu J mettais à chercher l’autre pied. .. t finalement, tu trouvais le pied gauche et était une Reebok ! Ma sœurrafistolait tout et était bon. C’était de la survie. 

Oui, oui. J’y vais pour motiver les gamins. Mon istoire, toutle monde la connaît là-bas.Je joue vec eux. je partage de l’amour et des bonnes ndes … C’est important d’y retourner. 

Dès que je sors de la voiture,ilsviennent l’entourer. » Je veux être comme toi I » ou « Tu eux me donner tes chaussures! » On parle de .>ut et de rien. lis sont très curieux. lis me emandent comment j’ai fait pour en arriver là. e leur dis que ce n’est pas que moi ,que c’est lieu qui m’a guidé. Sinon,je leur répète de ne unais abandonner. Si j’avais laissé tomber, je ne ais pas où je serais aujourd’hui. 

Pour moi,c’était ma destinée. Pour savourer ,leinement la vie que j’ai aujourd’hui,j’ai dli ,asser par le pire. Et encore, peut-être que je n’ai

pas encore vécu le pire. Je n’en sais rien. De toute manière,je suis déjà préparé au pire. 

Je regardais la Ligue des champions. Je me souviens d’un Chelsea-Manchester United en finale (2008). Je n’étais pas particulièrement pour l’un ou l’autre. Mais quand Terry a loupé son tir au but … J’étais tellement énervé que je suis sorti en courant du bar. Une femme ouvrait la porte en même temps. Sam! Je me la suis prise en pleine tête.J’ai beaucoup saigné, ma paupière était ouverte … (Rires). Je me disais à moi-même, pendant qùon me faisait les points: « Si je ne deviens pas professionnel avec la passion que j’ai pour ce sport, je ne me le pardonnerais jamais …  » La route a été longue. 

C’était un vrai rêve devenu réalité. Beaucoup de mes amis m’ont envoyé des vidéos du très grand bar où on allait voir les matches de la Ligue des champions à l’époque. Quand c’était plein,on devait se tortiller pour voir l’écran à l’entrée, à travers les persiennes. Ce bar était plein pour me regarder jouer. J’étais touché. J’ai demandé à faire un Face Time avec l’homme qui tient le bar. Il était très ému et reconnaissant que Dieu ait tracé un chemin pour moi parce qùil se rappelait du gamin que j’étais. .. Je lui ai dit: « Bro, c’est le plan de Dieu 1 Je vais continuer pour vous rendre fiers, les gars. » 

Tout était nouveau. Quand je suis arrivé, mon frère· et mon père m’accompagnaient pour signer. Puis, ils sont partis une semaine après

J’étais seul. La nourriture, le temps, les mentalités, je ne connaissais rien de l’Allemagne ou si peu … J’ai eu la chance de rencontrer Josuha Guilavogui ( milieu de terrain de Wolfsburg), qui est un grand frère pour moi. Il m’a installé. Je n’oublierai pas tout ce qu’il a fait pour moi. li m’a facilité la vie. Je le porte en grande estime.Au bout d’un mois,c’était déjà plus simple pour moi. 

Oui, je pense que mon heure est arrivée. Il me disait à l’époque où je ne marquais pas à Wolfsburg de me calmer. Il savait que je faisais des extras à l’entraînement. C’était compliqué pour moi. li me disait : « N’abandonne pas, continue! N’essaie pas de forcer les choses, tout ce que tu vas acquérir ici va te servir. » Je l’ai patiemment écouté et il avait raison. 

Je devais rejoindre Wolfsburg pour la pré-saison. J’avais un vol vers minuit du Nigeria et puis j’ai eu une crise de paludisme avant Ç’a été violent. Ç’a vraiment affaibli mon corps. J’ai été hospitalisé pendant trois semaines. Je ne pouvais plus bouger, même pas un doigt. J’étais entouré par ma famille. C’était horrible, je n’arrivais même pas à les reconnaître. À mon retour à Wolfsburg, j’ai été placé en quarantaine pendant deux semaines. Je ne pouvais pas m’entrainer. Au bout d’une semaine, je me sentais mieux. alors j’ai recommencé à courir, m’entrainer. Mon agent m’a parlé du club de Zulte-Waregem. Quand je suis arrivé à Zulte,j’ai fait les tests médicaux, c’était vraiment mauvais … Très mauvais. Mais le coach m’a dit: « O.K.,tu vas signer demain. » Je me sentais libéré, j’allais enfin relancer ma carrière. J’en ai parlé à ma famille. C’était la folie! Le jour suivant, mon agent et moi étions dans la voiture quand il a reçu un appel en français. Il m’a demandé d’attendre. Quand il est revenu,j’ai vu sa tête … Je savais que c’était foutu. 

Non, pas du tout On est retournés à l’hôtel. J’ai fait ma valise et mon agent m’a dit: « Allons nager ! »(Rires.) Je l’ai pris pour un fou au début. On est allés nager,je l’ai suivi. On a marché dans la ville. Ça m’a fait du bien. J’étais déterminé à jouer en Bundesliga 2 ou 3 s’il le fallait. Une semaine après, Bruges me voulait. Les tests sont O.K. mais le président ne me veut finalement pas … Retour à Wolfsburg. J’avais un abonnement Allemagne-Belgique … Et là, on reçoit le coup de fil de Charleroi qui a tout changé pour moi. Je dis au départ à mon agent: « T’es stlr, hein,c’est pas le même bordel que les deux autres fois? » (Rires.) On y est allés en

Source : Francefootball

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