Stéphane Badji: « Le jour où j’ai perdu mon père, j’ai joué et gagné  avec le Casa…»

Jeudi dernier, Ludogorets s’imposait  contre le CSKA Moscou  5-1, à l’occasion de la 1ère journée de phases de poule de l’Europa League. Et sur le terrain, celui qui portait le numéro 25, qui a joué comme titulaire est connu des sénégalais.  Stephane Badji tout nouveau sociétaire du club a posé ses baluchons à Ludogorets depuis Juin dernier. Pourquoi un tel choix ? Ses débuts ? Nous avons pris des nouvelles du milieu de terrain, international sénégalais et ancien joueur du Casa-sport. Stephane Badji, un joueur marqué à vie par son passage au club de Ziguinchor,  le Casa qui l’a soutenu dans des périodes difficiles notamment quand il a perdu son père. Entretien

 

Alors Stephane Badji, comment vous êtes-vous retrouvé à Ludogorets ? Pourquoi le choix du championnat bulgare ?

C’est un choix que j’ai fait après avoir bien réfléchi. Je pense avoir fait le bon choix car Ludogorets est un grand club qui joue chaque année l’Europe. Depuis deux ans, le club me suivait  et nous nous sommes mis d’accord cette année. Depuis mon arrivée  ici, je me sens très bien. J’ai décidé de ne pas rester en Turquie  où j’avais plusieurs propositions car je voulais voir autre chose.

Comment  trouvez-vous le niveau de ce championnat bulgare que vous découvrez ?

En championnat, je ne joue que les gros matches et en Europa league je joue tous les matches.

Pourquoi un tel agenda alors que tout joueur en bon compétiteur veut jouer tous les matches ?

Vous avez raison. Je suis un joueur et j’ai envie de jouer tous les matches.  Mais c’est le coach qui l’a voulu ainsi et je n’ai pas trop insisté non plus.  Je joue les jeudis sur les dates européennes et je rejoue le week-end si on a un match important. Au cas contraire, l’entraîneur me laisse au repos.  C’est comme ça.

La Norvège, la Turquie, la Belgique,  dans votre carrière professionnelle,  vous avez déjà connu plusieurs formations.  Venir en Bulgarie n’est-ce pas une façon de préparer votre retraite ?

Je ne suis pas venu à Ludogorets pour me cacher. Je suis dans un club visible et ambitieux, qui,  chaque année,  joue l’Europe.  C’est le plus grand club  en Bulgarie avec 8 titres consécutifs de champion.  Je pense avoir fait le bon choix car j’aurai pu rester en Turquie mais dans des clubs moins médiatisés.  Pour l’instant je ne nourris aucun regret par rapport à ma venue ici.

Cette année, le Casa-sport fête ses 50 ans.  Que représente le club pour vous ?

Le Casa représente beaucoup pour moi. C’est mon club de cœur, un club qui m’a beaucoup soutenu. J’ai fait beaucoup de choses au Casa qui m’a tout donné. Le Club fête ses 50 ans et j’espère assister à une partie des célébrations.

Quels sont les plus beaux souvenirs que vous gardez de votre passage au Casa-Sport ?

Avec le Casa, j’ai joué en sénior. Je suis arrivé là-bas en 2009 et j’y suis resté durant 3 saisons, 3 saisons inoubliables. Si tout le monde me connaît au Sénégal, c’est grâce au Casa-Sport d’où tout est parti. J’étais là bas avec une génération dorée, des joueurs de talent. J’ai été soutenu par mes collègues joueurs qui me facilitaient les choses sur le terrain et en dehors par les dirigeants. Je pense notamment à Noah Cissé qui était le président du Casa-Sport de l’époque. Je n’oublierai jamais la manière dont il m’a soutenu quand mon père était malade, aux plans mental et financier.  Le jour où mon papa est décédé, j’étais en regroupement et on devait jouer à Ziguinchor contre l’Us Gorée. Je l’ai appris au moment du repas. J’ai quand même tenu à jouer le match et ce jour-là le Casa a gagné et j’ai marqué le deuxième but. A la fin de la rencontre, les dirigeants, les supporters et les joueurs  sont tous venus dans les vestiaires partager la douleur avec moi.  Par la suite, nous avons  tous pris le bus et nous sommes partis à la maison. C’était un moment difficile mais je n’ai pas regretté d’avoir joué ce match car ce jour-là j’ai senti toute la présence de la région. Voilà une raison pour laquelle je resterai à jamais attaché à ce club.

Régulièrement,  certains d’entre vous offrent des lots de matériel au club. Est-ce une manière de rendre l’appareil au Casa ?

Oui et franchement nous avons envie de faire des choses car je ne suis pas le seul. Avec les coéquipiers de ma génération, nous avons créé un groupe  qui s’appelle « Allez Casa ».  Nous échangeons au quotidien sur notre contribution pour réussir notamment la célébration des 50 ans.  Le groupe est géré par Abdoulaye Diallo, ancien défenseur du Casa.

Stephane Badji, vous êtes absent de la tanière depuis 4 ans. Il semble que le sélectionneur national ne compte plus sur vous.  Vue cette longue absence, avez-vous mis une croix sur l’équipe nationale du Sénégal?

Non du tout. Pour la sélection, je n’ai jamais tourné la page. Je ne vais jamais la tourner car je suis toujours sélectionnable. Je dis toujours que je suis un produit local, formé au pays donc à chaque fois que le pays aura besoin de moi, je serai présent. Aujourd’hui il y’a un sélectionneur qui est là, qui fait ses choix et en tant que sportifs nous avons besoin de respecter ses choix. Nous encourageons aussi la nouvelle génération qui est en équipe nationale et qui fait de bonnes choses.

Entretien réalisé par Racky Traoré

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